Le sable et la dune en zone urbanisée

Article publié le 03/05/2021

L’érosion du littoral est un phénomène naturel et la Côte Aquitaine avec son massif dunaire de 230 km n’y échappe pas. Mimizan, qui est au centre de cette côte de dunes de sables, est tributaire d’une dynamique littorale en relatif équilibre. Les échanges sédimentaires sont importants, alternant entre érosions (sable emporté vers le large) et accrétions (sable poussé vers la dune). Le Courant, déversant les eaux de la chaîne des étangs littoraux du Born et de leurs affluents, scinde la station balnéaire en deux.  L’exutoire du Courant dans l’océan est canalisé par deux digues de roches bétonnées, dont l’état dégradé remplit néanmoins son objectif. La digue nord permet, par son « musoir », de laisser glisser, sans trop de perturbations, les bancs de sables, le long du littoral. Toutefois, il a tendance, en période estivale, à ralentir leur déplacement. L’action de ces ouvrages se traduit par une accumulation sédimentaire plus importante que la normale, au nord de la station balnéaire et une érosion plus marquée au sud.

 

Un milieu naturel inhospitalier
C’est dans un milieu naturel qui est plutôt inhospitalier que s’est développée au fil du temps une zone urbaine des deux côtés d’une rivière côtière dont on a modifié le cours et figé l’exutoire.
Aujourd’hui, l’enjeu est de préserver les habitations, les activités humaines et l’environnement. La station balnéaire de Mimizan-Plage est à la merci des ces phénomènes naturels que sont le recul du trait de côte et l’envahissement des sables poussés par le vent, vers l’intérieur des terres.

 

Une gestion complexe
La gestion du système dune-plage est assez complexe.
La plage relève de la compétence de l’État puisqu’elle est sur le domaine maritime. Le maire en est le responsable juridique. Sa gestion est déléguée à la communauté de communes de Mimizan qui est assistée par les services techniques de la ville.
La dune appartient à une multitude de propriétaires. Une association des propriétaires existe. Il est important qu’elle se maintienne, se développe et s’intègre dans les réflexions collectives.

La dune en secteur urbanisé, de la plage de Remember à celle de la Garluche, puis du Courant au parking sud, est considérée comme suffisamment haute. Sur le versant ouest, s’érige une falaise régularisée suivie d’un plateau très mobile en secteurs non construits. Au nord, les propriétés sont en majorité bien stabilisées par leurs propriétaires, même s’il existe des disparités dans leurs motivations et leurs investissements. Au sud, la dégradation de la dune est récurrente. Il s’en suit des envahissements sableux dans les rues et propriétés du second rideau.

La plage de la Corniche est devenue une nouvelle terre depuis 2000, année du rallongement de la digue nord. Cette plage, déstabilisée régulièrement pour les activités récréatives, est fortement mobile. La dune qui suit, très basse et chahutée par la houle, remplit difficilement son rôle de protection. Les récents aménagements de l’esplanade Robert Barsac sont eux aussi trop bas et subissent de plein fouet les caprices de la météo durant la période hivernale. Les charges de désensablement sont très importantes pour la collectivité.

 

Maîtriser les dunes en zone urbanisée
Afin de maîtriser les mouvements du sable et les dunes en zone urbanisée, des filets bas en fibre de coco ont été posés sur les plages et devant les dunes. Ils ont pour mission de ralentir l’envahissement du filet barrière situé plus haut et posé chaque année ; de stopper le sable au plus près de sa mobilisation par le vent ; de donner un profil de plage irrégulier, composé de couloirs d’évacuations naturels pouvant être utilisés par les engins de nivellement et, enfin, de régulariser le profil de la dune tout en faisant ralentir l’énergie qui provoque les déplacements du sable. Cette méthode a ses limites, car l’objectif n’est pas de prendre trop d’altitude, même dans les zones trop basses.

Un projet plus ambitieux, plage de l’esplanade Robert Barsac, est d’essayer de créer une avant-dune protectrice et naturellement végétalisée. Si l’objectif est atteint, ce bouclier frontal fera face aux aléas météorologiques. Les affrontements pourront être violents, sachant que nous ne pouvons pas arrêter indéfiniment les poussées océanes, seulement gagner du temps. La dune actuelle pourra être à son tour revégétalisée et arborée et l’esplanade Robert Barsac devrait être mieux protégée.

La dune sud, trop haute par rapport aux infrastructures, devrait être rabaissée comme le préconise un projet d’étude validé par les instances publiques. En attendant, il est important d’accompagner les situations d’une érosion critique par d’autres interventions légères et ponctuelles, en limitant l’élévation du cordon dunaire. C’est également une délicate mission.

 

Gestion du trait de côte : une compétence communautaire
La communauté de communes de Mimizan est membre du GIP littoral aquitain et est compétente en matière de gestion des risques naturels d’érosion du trait de côte et de submersion. Une compétence qu’elle exerce au titre de la gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations, dite « compétence GEMAPI », confiée à partir du 1er janvier 2018 aux établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre.  L’élaboration d’une stratégie locale de gestion de la bande côtière de Mimizan a été initiée en 2013 avec une étude préalable qui intégrait le fonctionnement hydraulique et sédimentaire du Courant. En décembre 2016, cette stratégie a été validée par le comité régional de suivi au sein du GIP littoral aquitain et adoptée à l’unanimité par le Conseil communautaire du 20 septembre 2017. Elle comprend un programme d’actions variées : sensibilisation, suivi de l’aléa, gestion de crise, améliorataion des connaissances et travaux. La stratégie menée vise la préservation aussi bien des habitations, des activités humaines que de l’environnement, aucun ouvrage supplémentaire ne sera créé. Les travaux envisagés sur les berges se limiteront au confortement des ouvrages existants.

 

Un programme largement Subventionné
La communauté de communes de Mimizan va lancer un programme de travaux sur les 3 prochains exercices budgétaires sur les digues et berges du Courant ainsi que sur l’espace dunaire. Le financement de ces travaux et des actions d’accompagnement de la mise en œuvre de sa stratégie de gestion du trait de côte va bénéficier d’un taux important de subventions de la part de partenaires nationaux et de l’Europe.
Un montant de 7,1 M€ HT
pris en charge à hauteur de 79 % par :
• les Fonds européens de développement régional
pour 3,5 M€ HT soit 48 %
• le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
pour 1,3 M€ HT soit 18 %
• le Conseil départemental des Landes
pour 0,8 M€ HT soit 12 %
• l’État
pour 96 500 € HT soit 1 %
La Communauté de commune de Mimizan
prendra à sa charge le solde pour 1,5 M€ HT soit 21 %.

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